Druckschrift 
1 (1813)
Entstehung
Seite
117
Einzelbild herunterladen
 

DE LA LANGUE ALLEMANDE, &c.

117

gèrement et nexplique plus nettement cequon veut dire. Lallemand se prête beau-coup moins à la précision et à la rapidité dela conversation. Par la nature même de saconstruction grammaticale, le sens nest ordi-nairement compris quà la fin de la phrase.Ainsi, le plaisir dinterrompre, qui rend ladiscussion si animée en France, et force àdire si vite ce quil importe de faire enten-dre, ce plaisir ne peut exister en Allemagne,car les commencements de phrases ne signi-fient rien sans la fin, il faut laisser à chacuntout lespace quil lui convient de prendre;cela vaut mieux pour le fond des choses,cest aussi plus civil, mais moins piquant.

La politesse allemande est plus cordiale,mais moins nuancée (pie la politesse fran-çaise; il y a plus dégards pour le rang et deprécautions en tout. En France, on flatteplus quon ne ménage, et, comme on a lartde tout indiquer, on approche beaucoup plusvolontiers des sujets les plus délicats. Lal-lemand est une langue très brillante en poé-sie, très abondante en métaphysique, maistrès positive en conversation. La languefrançaise, au contraire, nest vraiment richeque dans les tournures qui expriment les