DE L'ESPllIT DE CONVERSATION. 113
charme d’un récit fait par un Français spiri-tuel et de bon goût. Il prévoit tout, il mé-nage tout, et cependant il ne sacrifie pointce qui pourrait exciter l’intérêt. Sa physio-nomie, moins prononcée que celle des Ita-liens, indique la gaieté sans rien faire perdreà la dignité du maintien et des manières; ils’arrête quand il le faut, et jamais il n’épuisemême l’amusement ; il s’anime, et néan-moins il tient toujours en main les rênesde son esprit pour le conduire sûrement etrapidement : bientôt aussi les auditeurs semêlent de l’entretien, il fait valoir alors àson tour ceux qui viennent de l’applaudir;il ne laisse point passer une expression heu-reuse sans la relever, une plaisanterie pi-quante sans la sentir, et pour un momentdu moins l’on se plaît et l’on jouit les unsdes autres comme si tout étoit concorde,union et sympathie dans le monde.
Les Allemands feraient bien de profiter,sous des rapports essentiels, de quelques unsdes avantages de l’esprit social en France :ils devraient apprendre des Français à semontrer moins irritables dans les petites cir-constances, afin de réserver toute leur forcepour les grandes; ils devraient apprendre
TOM. i.
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