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DE L’ALLEMAGNE.
n’est point d’arène où la vanité se montresous des formes plus variées que dans la con-versation.
J’ai connu un homme que les louangesagitoient au point que, quand on lui en don-noit, il exagérait ce qu’il venoit de dire ets’efforçoit tellement d’ajouter à son succès,qu’il fmissoit toujours par le perdre. Je n’o-sois pas l’applaudir, de peur de le porter àl’affectation et qu’il ne se rendît ridicule parle bon cœur de son amour-propre. U n autrecraignoit. tellement d’avoir l’air de désirer defaire effet qu’il laissoit tomber ses paroles né-gligemment et dédaigneusement. Sa feinteindolence trahissoit seulement une préten-tion de plus, celle de n’en point avoir. Quandla vanité se montre, elle est bienveillante ;quand elle se cache, la crainte d’être décou-verte la rend amère, et elle affecte l’indiffé-rence, la satiété, enfin tout ce qui peut per-suader aux autres qu’elle n’a pas besoin d’eux.Ces différentes combinaisons sont amusantespour l’observateur, et l’on s’étonne toujoursque l’amour-propre ne prenne pas la route sisimple d’avouer naturellement le désir deplaire, et d’employer autant qu’il est possiblela grâce et la vérité pour y parvenir.
Le tact qu’exige la société, le besoin qu’elle