DE LA SOCIÉTÉ.
79
on serait tenté de proposer ce tour de passe-passe à ceux qui fréquentent les grandes as-semblées. On n’y va point pour rencontrerl’objet auquel on désirerait de plaire ; la sé-vérité des mœurs et la tranquillité de lameconcentrent, en Autriche, les affections ausein de sa famille. On n’y va point par am-bition, car tout se passe avec tant de régu-larité dans ce pays, que l’intrigue y a peu deprise, et ce n’est pas d’ailleurs au milieu dela société qu’elle pourrait trouver à s’exercer.Ces visites et ces cercles sont imaginés pourque tous fassent la même chose à la mêmeheure; on préfère ainsi l’ennui qu’on partageavec ses semblables à l’amusement qu’on se-rait forcé de se créer chez soi.
Les grandes assemblées, les grands dînersont aussi lieu dans d’autres villes; maiscomme on y rencontre d’ordinaire tous lesindividus remarquables du pays où l’on est,il y a plus de moyens d’échapper à ces for-mules de conversation, qui, dans de sembla-bles réunions, succèdent aux révérences, etles continuent en paroles. La société nesert point en Autriche, comme en France, adévelopper l’esprit ni à l’animer, elle nelaisse dans la tête que du bruit et du vide,