DES MŒURS DES ALLEMANDS.
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liberté: l'indépendance est un bien, la libertéune garantie; et précisément parceque per-sonne n’étoit froissé en Allemagne, ni dansses droits, ni dans ses jouissances, on ne sen-toit pas le besoin d’un ordre de choses quimaintînt ce bonheur. Les tribunaux del'Empire promettoient une justice sûre, quoi-que lente, contre tout acte arbitraire ; et lamodération des souverains et la sagesse deleurs peuples ne donnoient presque jamaislieu à des réclamations : on ne croyoit doncpas avoir besoin de fortifications constitu-tionnelles, quand on ne voyoit point d'a-gresseurs.
On a raison de s’étonner que le code féodalait subsisté presque sans altérations parmides hommes si éclairés ; mais comme dansl’exécution de ces lois défectueuses en elles-mêmes, il n’y avoit jamais d’injustice, l’éga-lité dans l’application consoloitde l’inégalitédans le principe. Les vieilles chartes, lesanciens privilèges de chaque ville, toutecette histoire de famille qui fait le charmeet la gloire des petits États, étoit singulière-ment chère aux Allemands ; mais ils néffli-geoient la grande puissance nationale qu’il