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DE L’ALLEMAGNE.
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la guerre étoit universel ; et les gens du peu-ple risquoient volontiers leur vie comme unmoyen de l’agiter et d’en sentir moins le poids.C’est une grande question de savoir si les af-fections domestiques, l’habitude de la ré-flexion, la douceur même de lame, ne por-tent pas à redouter la mort ; mais si toute laforce d’un Etat consiste dans son esprit mi-litaire, il importe d’examiner quelles sontles causes qui ont affoibli cet esprit dans lanation allemande.
Trois mobiles principaux conduisent d’or-dinaire les hommes au combat : l’amour dela patrie et de la liberté, l’amour de la gloire,et le fanatisme de la religion. Il n’y a pointun grand amour pour la patrie dans un em-pire divisé depuis plusieurs siècles, où lesAllemands combattoient contre les Alle-mands, presque toujours excités par une im-pulsion étrangère : l'amour de la gloire n’apas beaucoup de vivacité là où il n’y a pointde centre, point de capitale, point de socié-té. L’espèce d’impartialité, luxe de la jus-tice, qui caractérise les Allemands, les rendbeaucoup plus susceptibles de s’enflammerpour les pensées abstraites que pour les inté-rêts de la vie; le général qui perd une bataille