DES MŒURS DES ALLEMANDS.
27
La démarcation des classes, beaucoupplus positive en Allemagne qu’elle ne l’étoiten France, devoit anéantir l’esprit militaireparmi les bourgeois; cette démarcation n’adans le fait rien d’offensant; car, je le ré-pète, la bonhomie se mêle à tout en Alle-magne, môme à l’orgueil aristocratique; etles différences de rang se réduisent à quel-ques privilèges de cour, à quelques assem-blées qui ne donnent pas assez de plaisirpour mériter de grands regrets: rien n’estamer, dans quelque rapport que ce puisseêtre, lorsque la société, et par elle le ridi-cule, a peu de puissance. Les hommes nepeuvent se faire un véritable mal à faméque par la fausseté ou la moquerie: dans unpays sérieux et vrai, il y a toujours delà jus-tice et du bonheur. Mais la barrière quiséparoit, en Allemagne, les nobles des citoy-ens, rendoit nécessairement la nation en-tière moins belliqueuse.
L’imagination, qui est la qualité domi-nante de l’Allemagne artiste et littéraire,inspire la crainte du péril, si l’on ne combatpas ce mouvement naturel par l’ascendantde l’opinion et l’exaltation de l’honneur.En France, déjà même autrefois, le goût de