3g6
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
ment bizarre et fort semble indiquer le sujetfantasque et sombre de la pièce. Cette spiri-tuelle alliance du musicien avec le poètedonne aussi un genre de plaisir, mais un plaisirqui naît delà réflexion, et celui-là n’appar-tient pas à la sphère merveilleuse des arts.
J’ai entendu à Vienne la Création deHaydn, quatre cents musiciens l’exécutèrentà la fois, c’étoit une digne fête en l’honneurde l’œuvre qu’elle célébroit; mais Haydnaussi nuisoit quelquefois à son talent parson esprit même; à ces paroles du texteDieu dit que la lumière soit, et la lumière fut,les instruments jouoient d’avance très douce-ment, et se faisoient à peine entendre, puistout à coup ils partoient tous avec un bruitterrible, qui devoit signaler l’éclat du jour.Aussi un homme d’esprit disoit-il qu’à l’appa-rition de la lumière il falloit se boucher lesoreilles .
Dans plusieurs autres morceaux de laCréation la même recherche d’esprit peutêtre souvent blâmée ; la musique se traînequand les serpents sont créés; elle redevientbrillante avec le chant des oiseaux, et dansles Saisons aussi de Haydn ces allusions semultiplient plus encore. Ce sont des con-