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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
faiblement on exige qu’elle se conforme avecfidélité aux moindres nuances des paroles;mais quand elle émeut jusqu’au fond delame, toute attention donnée à ce qui n’estpas elle ne seroit qu’unie distraction impor-tune, et pourvu qu’il n’y ait pas d’oppositionentre le poëme et la musique, on s’abandonneà l’art qui doit toujours l’emporter sur tousles autres. Car la rêverie délicieuse danslaquelle il nous plonge anéantit les penséesque les mots peuvent exprimer, et la musiqueréveillant en nous le sentiment de l’infini,tout ce qui tend à particulariser l’objet de lamélodie doit en diminuer l’effet.
Gluck, que les Allemands comptent avecraison parmi leurs hommes de génie, a sumerveilleusement adapter le chant aux pa-roles, et dans plusieurs de ses opéras il arivalisé avec le poète par l’expression de samusique. Lorsqu’Alceste a résolu de mourirpour Admète, et que ce sacrifice, secrètementoffert aux dieux, a rendu son époux à la vie,le contraste des airs joyeux qui célèbrent laconvalescence du roi, et des gémissementsétouffés de la reine condamnée à le quitter,est d’un grand effet tragique. Oreste, dansIphigénie en ïauride, dit: Le calme rentre