Î)ÈS HISTORIENS ALLEMANDS.
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en ce genre faisoient vraiment, peur. On neconçoit pas comment la tête d’un homme apu contenir ainsi un monde de faits et dedates. Les six mille ans à nous connusétoient parfaitement rangés dans sa mé-moire, et ses études avoient été si profondesqu’elles étoient vives comme des souvenirs.11 n’y a pas un village de Suisse, pas unefamille noble dont il ne sût l’histoire. Unjour, en conséquence d’un pari, on lui de-manda la suite des comtes souverains duBugey; il les dit à l’instant même, seulementil ne se rappeloit pas bien si l’un de ceux qu’ilnommoit avoit été régent ou régnant entitre, et il se faisoit sérieusement des re-proches d’un tel manque de mémoire. Leshommes de génie, parmi les anciens, n’é-toient point asservis à cet immense travaild’érudition qui s’augmente avec les siècles,et leur imagination n’étoit point fatiguéepar l’étude. Il en coûte plus pour se di-stinguer de nos jours, et l’on doit du re-spect au labeur immense qu’il faut pour semettre en possession du sujet que l’on veuttraiter.
La mort de ce Müller, dont la vie peutêtre diversement jugée, est une perte irré-