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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
faisoit de tout des armes, et son style se sentun peu du genre polémique qui régnoit alorsdans la plupart des écrits. Mais quand lebut qu’on se propose est la tolérance et laliberté, et que l’on y tend par des moyens etdes sentiments aussi nobles que ceux deSchiller, on compose toujours un bel ouvrage,quand même on pourrait désirer dans la partaccordée aux faits et aux réflexions quelquechose de plus ou de moins étendu*.
Par un contraste singulier, c’est Schiller, legrand auteur dramatique, qui a mis peut-être trop de philosophie, et par conséquenttrop d’idées générales dans ses récits, et c’estMillier, le plus savant des historiens, qui aété vraiment poëte dans sa manière depeindre les évènements et les hommes. Ilfaut distinguer dans l’histoire de la Suissel’érudit et l’écrivain d’un grand talent : cen’est qu’ainsi, ce me semble, qu’on peutparvenir à rendre justice à Müller. C’étoitun homme d’un savoir inouï, et ses facultés
* On ne peut oublier, parmi les historiens philosophiques,M. Heeren, qui vient de publier des Considérations sur lescroisades, dans lesquelles une parfaite impartialité est lerésultat des connoissances les plus rares et de la force de Ig
raison.