332 LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
jours très ingénieux ; mais quand il faut deFétude et de l’attention pour saisir une plai-santerie, il n’y a guère que les Allemandsqui consentent à rire à la longue et se don-nent autant de peine pour comprendre cequi les amuse que ce qui les instruit.
Au fond de tout cela l’on trouve une fouled’idées nouvelles, et si l’on y parvient, l’ons y enrichit beaucoup ; mais l’auteur a né-gligé l’empreinte qu’il falîoit donner à cestrésors. La gaieté des Français vient del’esprit de société ; celle des Italiens, del’imagination ; celle des Anglais, de l’origi-nalité du caractère ; la gaieté des Allemandsest philosophique. Us plaisantent avec leschoses et avec les livres plutôt qu’avec leurssemblables. U y a dans leur tête un chaosde connoissances qu’une imagination indé-pendante et. fantasque combine de mille ma-nières, tantôt originales, tantôt confuses ;mais où la vigueur de l’esprit et de l’ame sefait toujours sentir.
L’esprit de J. Paul ressemble souvent àcelui de Montagne. Les auteurs français del’ancien temps ont en général plus de rap-port avec les. Allemands que les écrivains dusiècle de Louis XIV ; car c’est depuis ce