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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
bonheur dans cette imagination qui planesur la terre en la parcourant, et ne se mêlepoint aux intérêts actifs de ce monde.
Ce que le sort refuse presque toujours auxpauvres mortels, c’est une destinée heureusedont les circonstances se succèdent et s’en-chaînent selon nos souhaits ; mais les im-pressions isolées sont pour la plupart assezdouces, et le présent, quand on peut le con-sidérer à part des souvenirs et des craintes,est encore le meilleur moment de l’homme.Il y a donc une philosophie poétique trèssage dans ces jouissances instantanées dontl’existence d’un artiste se compose; les sitesnouveaux, les accidents de lumière qui lesembellissent sont pour lui des évènementsqui commencent et finissent le même jour,et n’ont rien à faire avec le passé ni avecl’avenir; les affections du cœur dérobentl’aspect de la nature, et l’on s’étonne en li-sant le roman de Tieck de toutes les mer-veilles qui nous environnent à notre inspu.
L’auteur a mêlé à cet ouvrage des poésiesdétachées, dont quelques unes sont deschefs-d’œuvre. Lorsqu’on met des vers dansun roman français, presque toujours ils in-terrompent l’intérêt et détruisent l’harmonie