DES ROMANS.
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de la volonté de l’auteur, qu'ils ne peuventréveiller la conscience de personne : la mo-ralité d’un roman consiste donc dans les sen-timents qu’il inspire. On ne sauroit nierqu’il y a dans le livre de Goethe une pro-fonde connoissance du cœur humain, maisune connoissance décourageante ; la vie yest représentée comme une chose assez in-différente, de quelque manière qu’on lapasse ; triste quand on l’approfondit, assezagréable quand on l’esquive, susceptible demaladies morales qu’il faut guérir si l’onpeut, et dont il faut mourir si l’on n’en peutguérir.—Les passions existent, les vertus ex-istent; il y a des gens qui assurent qu’il fautcombattre les unes par les autres; il y en ad’autres qui prétendent que cela ne se peutpas; voyez et jugez, semble dire l’écrivainqui raconte, avec impartialité, les argumentsque le sort peut donner pour et contrechaque manière de voir.—■
On auroit tort cependant de se figurer quece scepticisme soit inspiré par la tendancematérialiste du dix-huitième siècle; les opi-nions de Goethe ont bien plus de profon-deur, mais elles ne donnent pas plus de con-solations à rame. On aperçoit dans ses écrits
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