DE LA DÉCLAMATION.
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les pièces de Shakespear adaptées par Ducisà notre théâtre ; mais il seroit bien injustede n’y pas reconnoître des beautés du pre-mier ordre ; Ducis a son génie dans soncœur, et c’est là qu’il est bien. Talma joueses pièces en ami du beau talent de ce noblevieillard. La scène des sorcières, dans Mac-beth, est mise en récit dans la pièce française.Il faut voir Talma s’essayer à rendre quelquechose de vulgaire et de bizarre dans l’accentdes sorcières, et conserver cependant danscette imitation toute la dignité que notrethéâtre exige.
Par des mots inconnus, ces êtres monstrueuxS’appeloient tour à tour, s’applaudissoient entre eux,S’approchoient, me montroient avec un ris farouche :Leur doigt mystérieux se posoit sur leur bouche.
Je leur parle, et dans Pombre ils s’échappent soudain,L’un avec un poignard, l’autre un sceptre à la main ;L’autre d’un long serpent serroit le corps livide :
Tous trois vers ce palais ont pris un vol rapide,
Et tous trois dans les airs, en fuyant loin de moi,
M’ont laissé pour adieu ces mots : Tu seras roi.
La voix basse et mystérieuse de l’acteuren prononçant ces vers, la manière dont ilplaçoit son doigt sur sa bouche comme lastatue du silence, son regard qui s’altéroitpour exprimer un souvenir horrible et re-