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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
arabe, Abuffar. Une foule de vers ravis-sants répandent sur cette tragédie beau-coup de charme; les couleurs de l’Orient,la mélancolie rêveuse du midi asiatique, lamélancolie des contrées où la chaleur con-sume la nature au lieu de l’embellir, se fontadmirablement sentir dans cet ouvrage. Lemême Talma, Grec, Romain et chevalier,est un Arabe du désert, plein d’énergie etd’amour; ses regards sont voilés commepour éviter l’ardeur des rayons du soleil; ily a dans ses gestes une alternative admira-ble d’indolence et d’impétuosité ; tantôt lesort l’accable, tantôt il paroît plus puissantencore que la nature, et semble triompherd’elle: la passion qui le dévore, et dont unefemme qu’il croit sa sœur est l’objet, est ren-fermée dans son sein ; on diroit, à sa marcheincertaine, que c’est lui-même qu’il veutfuir; ses yeux se détournent de ce qu’ilaime, ses mains repoussent une image qu’ilcroit toujours voir à ses côtés, et quand enfinil presse Saléma sur son cœur, en lui disantce simple mot ; “ J’ai froid,” il sait exprimertout à la fois le frisson de lame et la dévo-rante ardeur qu’il veut cacher.
On peut trouver beaucoup de défauts dans