DE LA DÉCLAMATION.
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y a beaucoup plus d’accessoires à cet artprincipal, et souvent la parole est à peinenécessaire pour attendrir.
Lorsque Schroeder, jouant le roi Lear,traduit en allemand, étoit apporté endormisur la scène, on dit que ce sommeil du mal-heur et de la vieillesse arrachoit des larmesavant qu’il se fût réveillé, avant même queses plaintes eussent appris ses douleurs; etquand il portoit dans ses bras le corps de sajeune fille Cordélie, tuée parcequ’elle n’a pasvoulu l’abandonner, rien n’étoit beau commela force que lui donnoit le désespoir. Undernier doute le soutenoit, il essayoit si Cor-délie respiroit encore : lui, si vieux, ne pou-voit se persuader qu’un être si jeune avoitpu mourir. Une douleur passionnée dansun vieillard à demi détruit produisoit l’émo-tion la plus déchirante.
Ce qu’on peut reprocher avec raison auxacteurs allemands en général, c’est de mettrerarement en pratique la connoissance des artsdu dessin, si généralement répandue dansleur pays: leurs attitudes ne sont pas belles;l’excès de leur simplicité dégénère souventen gaucherie, et presque jamais ils n’égalentles acteurs français dans la noblesse et l'élé-