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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
La théorie d’Itriand sur les gestes est trèsingénieuse. Il se moque de ces bras en moulinà vent qui ne peuvent servir qu’à déclamerdes sentences de morale; et croit que d’or-dinaire les gestes en petit nombre et rap-prochés du corps indiquent mieux les im-pressions vraies; mais, dans ce genre commedans beaucoup d’autres, il y a deux partiestrès distinctes dans le talent, celle qui tientà l’enthousiasme poétique et celle qui naîtde l’esprit observateur; selon la nature despièces ou des rôles, l’une ou l’autre doiventdominer. Les gestes que la grâce et le sen-timent du beau inspirent ne sont pas ceuxqui caractérisent tel ou tel personnage. Lapoésie exprime la perfection en généralplutôt qu’une manière d’être ou de sentirparticulière. L’art de l’acteur tragique con-siste donc à présenter dans ses attitudesl’image delà beauté poétique, sans négligercependant ce qui distingue les différentscaractères: c’est toujours dans l’union del’idéal avec la nature que consiste tout ledomaine des arts.
Lorsque je vis la pièce du Vingt-quatrefévrier jouée par deux poètes célèbres, A.W. Sclilegel et Werner, je fus singulièrement