V.n LA LITTTÊRATURE ET LES ARTS.
lier s’accommode assez bien de cette situa-tion, et elle lui paroît d’autant plus naturellequ’elle est commune ; car peu de gens saventque c’est la supériorité de Taine et de l’espritqui rapproche le plus intimement de la na-ture. La fée ne peut oublier le chevalier,et le poursuit par les merveilles de son art;chaque fois qu’il commence à s’établir dansson ménage, elle attire son attention par desprodiges, et réveille ainsi le souvenir deleur affection passée.
Si le chevalier s’approche d’une rivière, ilentend les flots murmurer les romances quela fée lui chantoit; s’il invite des convives àsa table, des génies ailés viennent s’y placer,-et font singulièrement peur à la prosaïquesociété de sa femme. Par-tout des fleurs,des danses et des concerts viennent troublercomme des fantômes la vie de l’infidèleamant; et d’autre part des esprits malinss’amusent à tourmenter son valet qui, dansson genre aussi, voudrait bien ne plus en-tendre parler de poésie: enfin, la fée seréconcilie avec le chevalier, à condition qu’ilpassera tous les ans trois jours avec elle, etsa femme consent volontiers à ce que sonépoux aille puiser dans l’entretien de la fée