Druckschrift 
2 (1813)
Entstehung
Seite
243
Einzelbild herunterladen
 

LE VINGT-QUATRE FÉVRIER,

243

vie par le souvenir d'une romance qui raconteun parricide; et seule, pendant son sommeil,elle ne peut s'empêcher de la répétera demi-voix, comme ces pensées confuses et in-volontaires dont le retour funeste semble unprésage intime du sort.

La description des Alpes et de leur soli-tude est de la plus grande beauté; la demeuredu coupable, la chaumière se passe lascène, est loin de toute habitation ; la clochedaucune église ne s'y fait entendre, et lheureny est annoncée que parla pendule rustique,dernier meuble dont la pauvreté na pu serésoudre à se séparer; le son monotone decette pendule, dans le fond de ces montagnes le bruit de la vie narrive plus, produit unfrémissement singulier. On se demande pour-quoi du temps dans ce lieu; pourquoi ladivision des heures, quand nul intérêt ne lesvarie? et quand celle du crime se fait en-tendre, on se rappelle cette belle idée dunmissionnaire qui supposoit que dans lenferles damnés demandoient sans cesse:Quelleheure est-il? et quon leur répond oit:Léternité !

On a reproché à Werner de mettre dansses tragédies des situations qui prêtent aux

n 2