FAUST.
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contre son but, et seulement pour satisfaireune certaine âpreté intérieure qui donne lebesoin de nuire. 11 y avoit à côté des divi-nités du paganisme d'autres divinités de larace des Titans, qui représentoient les forcesrévoltées de la nature; et dans le christia-nisme on diroit que les mauvais penchantsde Famé sont personnifiés sous la forme desdémons.
Il est impossible de lire Faust sans qu’ilexcite la pensée de mille manières diffé-rentes : on se querelle avec l’auteur, on l’ac-cuse, on le justifie; mais il fait réfléchir surtout, et, pour emprunter le langage d’unsavant naïf du moyen âge, sur quelque chosede plus que tout*. Les critiques dont un telouvrage doit être l’objet sont faciles à pré-voir d’avance, ou plutôt c’est le genre mêmede cet ouvrage qui peut encourir la censureplus encore que la manière dont il est traité;car une telle composition doit être jugéecomme un rêve ; et si le bon goût veilloittoujours à la porte d’ivoire des songes pourles obliger à prendre la forme convenue,rarement ils frapperoient l’imagination.
* De omnibus rebus et quibusdam aliis.