FAUST.
211
“ contre ton cœur? Jadis tes paroles, tes“ regards appeloient sur moi tout le ciell“ Embrasse-moi, de grâce, embrasse-moi!“ Ton cœur est donc froid et muet? Qu’as-“ tu fait de ton amour ? qui me l’a ravi ?
FAUST.
“ Viens, suis-moi, chère amie : prends cou-“ rage: je t’aime avec transport; mais suis-“ moi, c’est ma seule prière.
MARGUERITE.
“ Es-tu bien Faust? es-tu bien toi?
FAUST.
“Oui, sans doute; oui, viens.
MARGUERITE.
“ Tu me délivres de mes chaînes, tu me“ reprends de nouveau dans tes bras. D’où“ vient que tu n’as pas horreur de Mar-“ guérite ? Sais-tu bien, mon ami, sais-tu“ bien qui tu délivres ?
FAUST.
“ Viens, viens ; déjà la nuit est moins pro-“ fonde.
MARGUERITE.
“ Ma mère ! c’est moi qui l’ai tuée ! Mon“ enfant ! c’est moi qui l’ai noyé ! N’ap-“ partenoit-il pas à toi comme à moi ? Est-
p 2