FAUST.
18 ?
46 vous m’apportez, mais la foi me manque44 pour y croire. Le miracle est l’enfant cliéri“ de la foi. Je ne puis m’élancer dans la44 sphère d’où votre auguste nouvelle est44 descendue; et cependant accoutumé dès44 l’enfance à ces chants, ils me rappellent44 à la vie. Autrefois un rayon de l’amour44 divin descendoit sur moi pendant la so-44 lennité tranquille du dimanche. Le bour-44 donnement sourd de la cloche remplissoit44 mon ame du pressentiment de l’avenir, et44 ma prière étoit une jouissance ardente.44 Cette même cloche annonçoit aussi les44 jeux delà jeunesse, et la fête du printemps.44 Le souvenir ranime en moi les sentiments44 enfantins qui nous détournent de la mort.44 Oh ! faites-vous entendre encore, chants44 célestes ! la terre m’a reconquis.”
Ce momentd’exaltation ne dure pas; Faustest un caractère inconstant, les passions dumonde le reprennent. Il cherche à les satis-faire, il souhaite de s’y livrer; et le diable,sous le nom de Méphistophélès, vient et luipromet de le mettre en possession de toutesles jouissances de la terre, mais en mêmetemps il sait le dégoûter de toutes ; car lavraie méchanceté dessèche tellement l’ame,