Druckschrift 
2 (1813)
Entstehung
Seite
182
Einzelbild herunterladen
 

182

LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

pier mes pressentiments présomptueux! Une parole foudroyante les a détruits pour jamais. Esprit divin, jai eu la force de tattirer, mais je nai pas eu celle de teretenir. Pendant linstant heureux je tai vu, je me sentois à la fois si grand et si petit! mais tu mas repoussé violemment dans le sort incertain de lhumanité.

Qui minstruira maintenant? Que dois-je éviter? Dois-je céder à limpulsion qui me presse? nos actions, comme nos souf- frances,arrêtentla marche de la pensée. Des penchants grossiers sopposent à ce que lesprit conçoit de plus magnifique. Quand nous atteignons un certain bonheur ici- bas, nous traitons dillusion et de mensonge tout ce qui vaut mieux que ce bonheur; et les sentiments sublimes que le créateur nous avoit donnés se perdent dans les in- térêts de la terre. Dabord limagination avec ses ailes hardies aspire à léternité; puis un petit espace suffit bientôt aux débris de toutes nos espérances trompées. Linquiétude sempare de notre cœur. Elle y produit des douleurs secrètes; elle y- truit le repos et le plaisir. Elle se présente à nous sous mille formes; tantôt la fortune,