GOETZ DE BERLICHINGEN.
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teau étoit une forteresse; chaque seigneurun souverain. L'établissement des troupesde ligne et l'invention de l’artillerie changè-rent tout-à-fait l’ordre social ; il s'introduisitune espèce de force abstraite qu'on nommeétat ou nation ; mais les individus perdirentgraduellement toute leur importance. Uncaractère tel que celui de Goetz dut souffrirde ce changement lorsqu'il s’opéra.
L'esprit militaire a toujours été plus rude ,en Allemagne que par-tout, ailleurs, et c'estlà qu'on peut se figurer véritablement ceshommes de fer dont on voit encore les imagesdans les arsenaux de l’Empire. Néanmoinsla simplicité des mœurs chevaleresques estpeinte dans la pièce de Goethe avec beau-coup de charmes. Ce vieux Goetz, vivantdans les combats, dormant avec son armure,sans cesse à cheval, ne se reposant que quandil est assiégé, employant tout pour la guerre,ne voyant qu’elle ; ce vieux Goetz, dis-je,donne la pins haute idée de l’intérêt et del'activité que la vie avoit alors. Ses qualitéscomme ses défauts sont fortement pro-noncés ; rien n'est plus généreux que sonamitié pour Weislingen, autrefois son ami,depuis son adversaire, et souvent même