GUILLAUME TELL.
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crois-tu que je redoute le trait qui va partirde la main de mon père? je ne sourcilleraipas en l'attendant. Allons, mon père, montrecomme tu sais tirer de î’arc ; ils ne le croientpas, ils se flattent de nous perdre. Hé bien,trompe leur méchant espoir ; que la flèchesoit lancée et qu'elle' atteigne au but. Al-lons.—
L'enfant se place sous le tilleul, et l’on posela pomme sur sa tête ; alors les Suisses sepressent de nouveau autour de Gessler pouren obtenir la grâce de Tell.—Pensois-tu, ditGessler en s’adressant à Tell, pensois-tu quetu pourrois te servir impunément des armesmeurtrières ? Elles sont dangereuses aussipour celui qui les porte ; ce droit insolentd’être armé, que les paysans s'arrogent, of-fense le maître de ces contrées : celui quicommande doit seul être armé. Vous vousréjouissez tant de votre arc et de vos flèches,c’est à moi de vous donner un but pour lesexercer.—Faites place, s’écrie Tell, faitesplace.—-Tous les spectateurs frémissent. Ilveut tendre son arc, la force lui manque ; unvertige l’empêche de voir; il conjure Gess-ler de lui accorder la mort. Gessler est in-flexible, Tell hésite encore long-temps dans