LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
J 26
vez point ce qu'il y a dans le cœur d'un père.—Gessler:—Ah Tell, te voilà tout à coupbien prudent, on m'avoit dit que tu étois unrêveur, que tu aimois l’extraordinaire ; hébien, je t’en donne l’occasion, essaie ce couphardi vraiment digne de toi.—
Tous ceux qui entourent Gessler ont pitiéde Tell, et tâchent d’attendrir le barbare quile condamne au plus affreux supplice ; levieillard, grand-père de l’enfant, se jette auxpieds de Gessler ; l’enfant sur la tête duquella pomme doit être tirée le relève et lui dit :—Ne vous mettez point à genoux devantcet homme; qu’on me dise seulement où jedois me placer: je ne crains rien pour moi;mon père atteint l’oiseau dans son vol, il nemanquera pas son coup quand il s’agit ducœur de son enfant.—Stauffacher s’avance,et dit :—Seigneur, l’innocence de cet enfantne vous touche-t-elle pas ?—Gessler :—Qu’on l’attache à ce tilleul.—L’enfant :—Pourquoi me lier ? laissez-moi libre, je metiendrai tranquille comme un agneau, maissi l’on veut m’enchaîner je me débattrai avecviolence.—Rodolphe, l’écuyer de Gessler, dità l’enfant:—Consens au moins à ce qu’on tebande les yeux.—Non, répond l’enfant, non;