94 LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
Les adieux de Marie au comte Leicesterme paroissent l’une des plus belles situationsqui soit au théâtre. Il y a quelque douceurpour Marie dans cet instant. Elle a pitié deLeicester, tout coupable qu’il est : elle sentquel souvenir elle lui laisse, et cette ven-geance du cœur est permise. Enfin, au mo-ment de mourir, et de mourir parcequ’il n’apas voulu la sauver, elle lui dit encore qu’ellel’aime ; et si quelque chose peut consoler dela séparation terrible à laquelle la mort nouscondamne, c’est la solennité qu’elle donne ànos dernières paroles : aucun but, aucunespoir ne s’y mêle, et la vérité la plus puresort de notre sein avec la vie.