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2 (1813)
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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

Il seroit curieux de voir représenter lapièce de Walstein sur notre théâtre; et siFauteur français nes'étoit pas aussi rigou-reusement asservi à la régularité française, ceseroit plus curieux encore : mais, pour bienjuger des innovations, il faudrait porter dansles arts une jeunesse d'ame qui cherchât desplaisirs nouveaux. S'en tenir aux chefs-d'œuvre anciens est un excellent régimepour le goût, mais non pour le talent : ilfaut des impressions inattendues pour l'ex-citer ; les ouvrages que nous savons parcœur dès l'enfance se changent en habitudes,et n'ébranlent plus fortement notre imagi-nation.

Marie Stuart est, ce me semble, de toutesles tragédies allemandes la plus pathétiqueet la mieux conçue. Le sort de cette reine,qui commença sa vie par tant de prospérités,qui perdit son bonheur par tant de fautes,et que dix-neuf ans de prison conduisirent àléchafaud, cause autant de terreur et depitié qu'Œdipe, Oreste ou Niobé; mais labeauté même de cette histoire si favorableau génie écraserait la médiocrité.

La scène s'ouvre dans le château de Eo-theringay, Marie Stuart est renfermée.Dix-neuf ans de prison se sont déjà passés, et