WALSTEIN ET MARIE STUART.
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qu'on en dépouille. Il suffit à Shakespearde quelques paroles pour disposer de ramedes auditeurs et les faire passer de la haineà la pitié. Les diversités sans nombre ducœur humain renouvellent sans cesse lasource où le talent peut puiser.
Dans la réalité, pourra-t-on dire, leshommes sont inconséquents et bizarres, etsouvent les plus belles qualités se mêlent àde misérables défauts; mais de tels carac-tères ne conviennent pas au théâtre: l’artdramatique exigeant la rapidité de l’action,l’on ne peut dans ce cadre peindre leshommes que par des traits forts et des cir-constances frappantes. Mais s’ensuit-il ce-pendant qu’il faille se borner â ces person-nages tranchés dans le mal et dans le bien,qui sont comme les éléments invariables dela plupart de nos tragédies ? Quelle influ-ence le théâtre pourroit-il exercer sur la mo-ralité des spectateurs, si l’on ne leur faisoitvoir qu’une nature de convention ? Il estvrai que sur ce terrain factice la vertu tri-omphe toujours, et le vice est toujours puni;mais comment cela s’appliqueroit-il jamaisà ce qui se passe dans la vie, puisque leshommes qu’on montre sur la scène ne sontpas les hommes tels qu’ils sont B