52
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
est si guerrière, que lorsqu’on le donna surle théâtre de Berlin, devant des officiers quipartoient pour l’armée, des cris d’enthousi-asme se firent entendre de toutes parts. Ilfaut une imagination bien puissante dans unhomme de lettres pour se figurer ainsi la viedes camps, l’indépendance, la joie turbulenteexcitée par le danger même. L’homme, dé-gagé de tous ses liens, sans regrets et sansprévoyance, fait des années un jour, et desjours un instant; il joue tout ce qu’il pos-sède, obéit au hasard sous la forme de songénéral : la mort, toujours présente, le dé-livre gaiement des soucis de la vie. Rienn’est plus original, dans le camp de Walstein,que l’arrivée d’un capucin au milieu de 1a.bande tumultueuse des soldats qui croientdéfendre la cause du catholicisme. Le ca-pucin leur prêche la modération et la justicedans un langage plein de quolibets et de ca-lembourgs, et qui ne diffère de celui descamps que par la recherche et l’usage dequelques paroles latines : l’éloquence bizarreet soldatesque du prêtre, la religion rude etgrossière de ceux qui l’écoutent, tout celaprésente un spectacle de confusion très re-marquable. L’état social en fermentation