LES BRIGANDS ET DON CARLOS DE SCHILLER. 45
réussir dans ses projets ; le prince est con-duit en prison, le marquis de Posa va l’ytrouver, lui explique les motifs de sa conduite,et, pendant qu’il se justifie, un assassin envoyépar Philippe II le fait tomber atteint d’uneballe meurtrière aux pieds de son ami. Ladouleur de don Carlos est admirable ; il re-demande le compagnon de sa jeunesse à sonpère qui l’a tué, comme si l’assassin conser-voit encore le pouvoir de rendre la vie à savictime. Les regards fixés sur ce corps im-mobile qu’aninroient naguère tant de pen-sées, don Carlos, condamné lui-même à périr,apprend tout ce qu’est la mort dans les traitsglacés de son ami.
Il y a dans cette tragédie deux moines dontles caractères et le genre de vie sont en con-traste: l’un, c’est Domingo, le confesseur duroi ; et l’autre, un prêtre retiré dans un cou-vent solitaire, à la porte de Madrid. Domingon’est qu’un moine intrigant, perfide et cour-tisan, confident du duc d’Albe, dont le carac-tère disparoît nécessairement à côté de celuide Philippe; car Philippe prend à lui seultout ce qu’il y a de beau dans le terrible. Lemoine solitaire reçoit, sans les connoître, donCarlos et Posa, qui se sont donné rendez-vous