LES BRIGANDS ET DON CARLOS DE SCHILLER. 33
Us honoraient leur goût pour une vie licen-cieuse du nom d’amour de la liberté, et secroyoient indignés contre les abus de l’ordresocial quand ils n’étoient que fatigués deleur situation particulière. Leurs essais derévolte ne furent que ridicules, néanmoinsles tragédies et les romans ont beaucoupplus d’importance en Allemagne que dansaucun autre pays. On y fait tout sérieuse-ment, et lire tel ouvrage, ou voir telle pièce,influe sur le sort de la vie. Ce qu’on ad-mire comme art, on veut l’introduire dansl’existence réelle. Werther a causé plus desuicides que la plus belle femme du monde;et la poésie, la philosophie, l’idéal enfin, ontsouvent plus d’empire sur les Allemands quela nature et les passions même.
Le sujet des Brigands est comme celuid’un grand nombre de fictions, qui toutesont pour origine la parabole de l’Enfant pro-digue. Un fils hypocrite se conduit bien enapparence. Un fils coupable a de bons sen-timents malgré ses fautes. Cette oppositionest très belle sous le point de vue religieux,parcequ’elle nous atteste que Dieu lit dansles cœurs; mais elle a de grands inconvé-
TOSVIE II. D