DE L’ART DRAMATIQUE.
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Agamemnon ; mais la tendance naturelle dusiècle c'est la tragédie historique.
Tout est tragédie dans les évènements quiintéressent lesnations; et cet immense drame,que le genre humain représente depuis -sixmille ans, fourniroit des sujets sans nombrepour le théâtre, si l’on donnoit plus de li-berté à l’art dramatique. Les règles ne sontque l’itinéraire du génie; elles nous appren-nent seulement que Corneille, Racine et Vol-taire ont passé par-là ; mais si l’on arrive aubut, pourquoi chicaner sur la route ? et le butn’est-iïpas d’émouvoir l’ame enl’ennoblissant?
La curiosité est un des grands mobiles duthéâtre : néanmoins l’intérêt qu’excite la pro-fondeur des affections est le seul inépuisable.On s’attache à la poésie, qui révèle l’hommeà l’homme; on aime à voir comment la créa-ture semblable à nous se débat avec la souf-france, y succombe, en triomphe, s’abat etse relève sous la puissance du sort. Dansquelques unes de nos tragédies il y a dessituations tout aussi violentes .que dans lestragédies anglaises ou allemandes ; mais cessituations ne sont pas présentées dans touteleur force, et quelquefois c’est par l’affecta-tion qu’on en adoucit l’effet, ou plutôt qu’on
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