BULLETIN
DU CENSEUR,
FRANCE.
Paris ,3 — 14 août 1814*
N o 1 c 1 l’extrait d’une lettre d’Asti en Piémont , eridate du 12 juillet 181 4 * a Le roi acédé aux invitationsde ses sujets ; il s’est rendu , le 12 mai , au lieu de sa ré-sidence: ça été un vrai triomphe. Les démonstrationsd’amour ne furent jamais ni plus multipliées, ni moinséquivoques. Malheureusement notre joie a été courte.Le roi, séduit par des conseils perfides , a voulu dé-truire , en un instant, l’ouvrage de seize années derévolution. On nous a traités comme si, pendant seizeans, nous avions été plongés dans un profond sommeil.On a supposé que nous nous réveillions, et l’on a vouluqu’à notre réveil nous nous trouvassions tout justédans la situation où le sommeil nous avait surpris. Larégence n’a pas vécu un seul jour; on a pas mêmepris la peine de congédier les corps judiciaires : lesanciens juges-mages les ont remplacés comme par en-chantement; les municipalités ont fait place aux syn-dics; les lycées ont été fermés ; des milliers d’employésse sont trouvés tout-à-coup à la rue : on a mis en prin-Bull. — N». 6. j