( 55 ! )
nable , ou du moins spécieuse, en faveur de ce projetdéplorable.
Mais, puisqu’il en est temps encore, profitons de cesderniers moinens d’une liberté sans laquelle tou tes nosautres libertés seront précaires et milles par cela même jprofitons-en, sinon dans l’espoir de la conserver, dumoins pour lui rendre le dernier hommage, pour ac-quitter notre conscience et l’honneur national, en lapoursuivant de nos vœux et de nos suffrages publicsjusqu’à ce qu’on nous l’ait ravie. Rendons grâqps auxnobles défenseurs de la constitution, qui , par uneopposition patiente et ferme à la fois , ont si souventréduit à l’absurde les adversaires de la liberté de lapresse. Recommandons à la reconnaissance et àl’admiration des Français les honorables noms deMM. Benjamin de Constant, Raynouard, Lanjui-nais, Dedelay-d’Agier, deBrancas, Lenoir-Laroche,
Cholet, Boissy-d’Anglas, Dumolard.: disons que
les assemblées représentatives les plus formées , lesplus mûries par un long usage de la liberté, offrentpeu d’exemples d’une aussi belle discussion que cellequi a eu lieu à la chambre des pairs du côté de l’op-position au projet de loi.
Mais, après tout, comment se peut-il faire que tantd’inconstitutionnalitéssoient sur le point d’être sanc-tionnées?.C’est que nous n’avons point d’esprit
public", c’est que, malgré l’évidence des principes,nous n’avons , sur nos plus grands intérêts , que desopinions molles et flottantes que nous sommes prêts àabandonner avec la dernière indiflérence , tant nous