ces, par leur souplesse auprès des grands , et par lecrédit que leur donnaientdansle monde ces congréga-tions de toute espèce où ils réunissaient et dirigeaientles chefs de familles , et s’emparaient de la confiancedes personnages les plus influens dans chaque classede citoyens. Enfin le voile se déchira au milieu dudernier siècle; ils comparurent devant les tribunaux.Leur procès fut instruit dans toutes les formes, et lespièces de conviction furent mises sous les yeux dupublic. Proscrits par des arrêts solennels, ils dispa-rurent de la plupart des Etats catholiques, et leurproscription fut sanctionnée par des édits émanés del’autorité souveraine , revêtus de toutes les formespropres à caractériser une loi de l’Etat, à lui eu don-ner tous les effets.
Dix ans après , leur extinction fut consommée parl’autorité du Saint-Siège. Ils allèrent chercher unasile sous la protection d’un prince schismatique ,où les foudres du Vatican ne pouvaient plus les at-teindre. C’est dans cette retraite lointaine que s’estconservé le feu sacré de la société de Jésus : c’est delà qu’on le voit renaître aujourd’hui, ranimé par lamême autorité qui, il y a quarante ans , semblaitavoir épuisé toute sa puissance pour l’éteindre sansressource ; c’est de là enfin qu’il menace d’embraserde nouveau toutes les contrées où fument encore lesdébris des ravages qu’il y avait causés.
jSfous nous proposons d’examiner dans un autre ar-ticle les rapports de la bull e Sollicitudo omnium ecclesia-rum , par laquelle Pie VII vient de rétablir la coin*