( 453 )
ils aspirer à autre chose qu’à se reposer à l’ombred’une constitution libre ! Non , messieurs , non. Maisen même temps , je dois le dire avec franchise , c’estcette constitution que les Français veulent conser-ver, et sur le maintien de laquelle ils ne sont passans inquiétude. Voilà les craintes qui pourraientagiter les esprits , et non pas celle que l’on va puiserdans les troubles et les désordres qui ont accompa-gné les premières années de la révolution. Ces dé-sordres sont loin de nous et 11e sauraient reparaître,les causes qui les ont produits n’existent plus ; touta changé de face ; et la France , je 11e puis trop lerépéter, ne forme plus qu’un vœu, n’exprime plusqu’un besoin, c’est celui du repos 5 mais ce repos secompose autant do la sécurité de l'avenir que de celledu présent.
Messieurs, il 11e faut pas se le'dissimuler, un grandmouvement a été imprimé à l’Europe depuis environlin demi-siècle ; les progrès de l’esprit b 1.1 main ontamené des idées plus justes sur les droits et les devoirsdes peuples comme sur ceux des gouvernemens.Les principes sur lesquels se fonde le système repré-sentatif sont devenus presque universels et classiques ;tous les livres qui se publient en Allamaqne et dansle Nord sont rédigés dans cet esprit: et le temps neparait pas loin où les gouvernemens mieux éclairéssentiront le besoin de les réaliser, pour mieux assu-rer leur puissance. Mais, tandis que cette heureuserévolution se prépare dans le nord de l’Europe , onne sait par quelle fatalité la civilisation rétrograde