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dules ou corrompus que la religion peut reconquérirson empire. Quand une sage prudence n’aurait pas'porté nos législateurs à défendre de faire des cérémoniesreligieuses hors de l’enceinte des temples, dans toutesles villes où l’on professe plusieurs cultes, l’intérêtseul de la religion aurait dû faire sentir à ses minis-tres la nécessité de ne point enfreindre une pareilleloi, dans l’état actuel des mœurs. Ils auraient dû voirqu’eu général on n’a point une foi assez vive ni desmœurs assez pures, surtout dans les grandes villespour que la religion pût, sans danger, franchir le'seuil des temples et s’exposer aux regards du peuple ;et que loin de vaincre l’obstination des incrédulespar cette démarche inconsidérée, elle deviendraitpeut-être plus que jamais l’objet'de leur risée et deleur mépris. Pour qu’une pareille démarche eût puêtre véritablement utile, il aurait fallu préparer de -longue-main les esprits à la voir sans scandale; il 41aurait fallu commencer par inspirer au peuple quel-ques idées d’ordre et de décence; et, certes, desprocessions ne pouvaient point opérer ce miracle.Les cérémonies religieuses entretiennent la piété deshommes religieux et ne les font point. Mais a-t-on-consulté l’intérêt de la religion , quand on a eu l’idéede faire des processions dans les nies de Paris? Lesprêtres ont voulu prouver au peuple que l’autorité sedéclarait pour eux, et que leur règne allait recom-mencer ; ils ont voulu obtenir un triomphe public :qu’importait, à ce prix , d’exposer la religion à quel-ques outrages et de fouler les lois aux pieds ?
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