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1 (1815)
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235
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Ce serait également une question vaine et ridiculeque celle de demander si le législateur ne doit pasconsulter la justice avant que de consulter lutilité ;car ce serait supposer que la justice est un être exis-tant par lui-même, et que les hommes, qui se sontréunis pour leur bonheur cornmün , doivent con-sulter autre chose que ce qui leur est utile, avant quede déterminer les règles de leur association.

Lors donc quon a à parler des relations qui peu-vent exister entre un peuple et un autre peuple , ouentre un maître et son esclave, on ne doit se servirni du mot justice , ni du mot droit ; parce que ces motssont toujours relatifs , et quici lon naurait pas determes de comparaison. On doit employer les motspuissance , force , intérêts , parce que ces mots sontentendus de tout le monde, et que lorsquon dit quunpeuple agit contre ses intérêts , on entend beaucoupmieux ce que cela signifie, que .lorsquon dit quilagit contre le droit des gens.

Ayant déjà dit que lobjet de nos facultés est deproduire en nous des sentimens agréables, et de nouspréserver des sentimens douloureux , et que le butdes lois est den régler lexercice en les ramenant versleur objet, il semble quil suffirait dajouter que, pourformer ou pour interpréter une loi, on doit consulterles besoins du peuple pour lequel elle est faite , et lesmoyens quil a de les satisfaire.

Mais ce nest pas ainsi que lentendent la plupartdes juristes modernes. Ils examinent d'abord ce que

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