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Ce serait également une question vaine et ridicule•que celle de demander si le législateur ne doit pasconsulter la justice avant que de consulter l’utilité ;car ce serait supposer que la justice est un être exis-tant par lui-même, et que les hommes, qui se sontréunis pour leur bonheur cornmün , doivent con-sulter autre chose que ce qui leur est utile, avant quede déterminer les règles de leur association.
Lors donc qu’on a à parler des relations qui peu-vent exister entre un peuple et un autre peuple , ouentre un maître et son esclave, on ne doit se servirni du mot justice , ni du mot droit ; parce que ces motssont toujours relatifs , et qu’ici l’on n’aurait pas determes de comparaison. On doit employer les motspuissance , force , intérêts , parce que ces mots sontentendus de tout le monde, et que lorsqu’on dit qu’unpeuple agit contre ses intérêts , on entend beaucoupmieux ce que cela signifie, que .lorsqu’on dit qu’ilagit contre le droit des gens.
Ayant déjà dit que l’objet de nos facultés est deproduire en nous des sentimens agréables, et de nouspréserver des sentimens douloureux , et que le butdes lois est d’en régler l’exercice en les ramenant versleur objet, il semble qu’il suffirait d’ajouter que, pourformer ou pour interpréter une loi, on doit consulterles besoins du peuple pour lequel elle est faite , et lesmoyens qu’il a de les satisfaire.
Mais ce n’est pas ainsi que l’entendent la plupartdes juristes modernes. Ils examinent d'abord ce que
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