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jnun de celles des Etats modernes?, presque toujoursété d’empêcher aux hommes de le devenir. Panscette vue, les gouvernemens ont proscrit tout ce quipouvait les éclairer sur leurs droits politiques ; ils ontfavorisé les préjugés les plus propres à les tenir à cetégard dans l’ignorance ou dans l’erreur 5 ils ont ac-cordé uneprotection spéciale aux sciences vaines etauxarts frivoles, à tout ce qui peut fausser l’esprit ou amol-lir le cœur; et ils sont parvenus à faire des hommesbeaux-esprits et corrompus, qui savent tout, hors seconduire; des hommes civilisés qu’on peut enchaîneravec des rubans ; des hommes faciles et polis , quisacrifient, sans le moindre remords, les intérêts del’Etat à leur intérêt le plus futile ; des hommes char-mans enfin qui semblent animés d’un esprit de bien-veillance universelle, et dont l’ame étroite et aridene forme aucune pensée grande et généreuse.
Le peuple français est, dit-on , de tous les peuplesle plus civilisé, le plus poli et le moins capable depatriotisme. Quand cela serait, il faudrait peu s’enétonner , en considérant les circonstances particu-lières dans lesquelles il s’est trouvé et les efforts qu’ona faits, pendant quatorze siècles, pour l’asservir et lecorrompre. Son histoire démontre avec évidence quel’esprit public n’a pu se former chez lui à aucuneépoque, et que son gouvernement, ses lois, sa religion,ses préjugés et ses mœurs sesontconslamment opposésà son développement et à ses progrès.
Les Francs formaient un corpsde nation avant leur