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ticulières , et les identifie en quelque sorte avec lescorps politiques auxquels ils appartiennent. L’amourde la patrie, au contraire , ne forme qu’un traitpresque imperceptible dans la physionomie moraledes modernes. Ils ne tiennent à l’Etat que de très-loin, et par un fil extrêmement faible: toute l’acti-vité de leur ame s’exerce dans le cercle étroit de leursaffections individuelles, et s’épuise sur de petits in-térêts particuliers. Les citoyens des anciennes répu-bliques étaient particulièrement liés entre eux parl’attachement commun qu’ils portaient à la patrie;ceux des Etats modernes 11e tiennent à la chose pu-blique qu’à cause des sentimens privés qui lesunissent entre eux et dans la juste proportion de laforce de ces sentimens. Un ancien rapportait tout àl’Etat, un moderne ramène tout à lui ou au petitnombre d’individus avec lesquels il est en commu-nauté d’affections ou d’intérêts; les anciens avaientde l’esprit public , les modernes se sont rarementélevés au-dessus de l’esprit de caste, de secte ou decoterie, et depuis long-temps même l’égoïsme isolaparmi eux la très-grande majorité des hommes.
Cette différence essentielle entre les mœurs destemps anciens et celles des temps modernes devaitêtre une conséquence inévitable de celle des insti-tutions politiques des deux âges. Non-seulement leslégislateurs de l’antiquité avaient reconnu la souve-raineté des peuples, mais ils leur avaient même laissal’exercice immédiat du pouvoir souverain ; etcommecet exercice était devenu leur occupation la plus