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1 (1815)
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ticulières , et les identifie en quelque sorte avec lescorps politiques auxquels ils appartiennent. Lamourde la patrie, au contraire , ne forme quun traitpresque imperceptible dans la physionomie moraledes modernes. Ils ne tiennent à lEtat que de très-loin, et par un fil extrêmement faible: toute lacti-vité de leur ame sexerce dans le cercle étroit de leursaffections individuelles, et sépuise sur de petits in-térêts particuliers. Les citoyens des anciennes répu-bliques étaient particulièrement liés entre eux parlattachement commun quils portaient à la patrie;ceux des Etats modernes 11e tiennent à la chose pu-blique quà cause des sentimens privés qui lesunissent entre eux et dans la juste proportion de laforce de ces sentimens. Un ancien rapportait tout àlEtat, un moderne ramène tout à lui ou au petitnombre dindividus avec lesquels il est en commu-nauté daffections ou dintérêts; les anciens avaientde lesprit public , les modernes se sont rarementélevés au-dessus de lesprit de caste, de secte ou decoterie, et depuis long-temps même légoïsme isolaparmi eux la très-grande majorité des hommes.

Cette différence essentielle entre les mœurs destemps anciens et celles des temps modernes devaitêtre une conséquence inévitable de celle des insti-tutions politiques des deux âges. Non-seulement leslégislateurs de lantiquité avaient reconnu la souve-raineté des peuples, mais ils leur avaient même laissalexercice immédiat du pouvoir souverain ; etcommecet exercice était devenu leur occupation la plus