demain on le voyait paraître sous la forme d’un décretimpérial. Si les rois de France ne deviennent pasdes tyrans , ce ne sera pas la faute de leurs conseillers.— D’après la charte constitutionnelle , c'est la loi seulequi doit ctre votée par les deux chambres. — Il est vraique la constitution ne dit pas que les ordonnances se-ront votées par les deux chambres : mais que faut-ilen conclure ? Ce n’est donc point à elles à régler ce quin’est et ne peut être l’objet d’aucune loi commune à tousles individus. Il n’appartient de régler les rapports entreles deux chambres qu’à l’autorité suprême qui les a créées ,et de qui seule elles tiennent leur autorité.
Personne ne songe aujourd’hui à contester l’au-torité du Roi : on convient, eu général, qu’elle apris naissance au moment où il a accepté les basesfondamentales du projet de constitution du sénat,ou du moins au moment où la charte constitution-nelle qu’il a lui-même fait rédiger sur des bases con-venues, a été acceptée expressément ou tacitementpar tous les corps de l’Etat. Mais c’est précisémentparce que l’autorité du Roi n’est pas contestée qu’ilne faut pas vouloir l’étendre au-delà des limitesqu’elle doit naturellement avoir. Prétendre qu’elle aexisté avant la déchéance de l’Empereur et de sa fa-mille , et que c’est à elle que la chambre des pairs etla chambre des députés doivent leur autorité, ce se-rait prétendre, en d’autres termes, que tout ce qui aété fait en France pendant vingt-cinq ans a été illé-gal ; et cette prétention, qui compromettait l’exis-tence de tous les citoyens, leur paraîtrait trop absurde