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trente feuilles n’est guère moins difficile que celle desouvrages moins volumineux. D’un autre côté, il nepeut paraître de jounaux ni aucune autre espèced’écrits périodiques qu’avec l’autorisation du roi ;de plus , nul ne peut être imprimeur ni libraire s’iln’est breveté par S. M. , et les imprimeurs ne sontni héréditaires ni inamovibles, non plus que les li-braires; de plus encore, il est défendu, sous peined’une amende effrayante, d’avoir des imprimeriessecrètes; enfin, les précautions sont tellement prises,que si la loi proposée était acceptée , et que le gou-vernement fût assez fort pour en assurer l’exécution ,le directeur de l’imprimerie et de la librairie devien-drait l’imprimeur et le libraire unique et universeldu royaume, et qu’il ne pourrait être imprimé nivendu en France pas un seul ouvrage, pas un seulécriteau ,pas une seule carte de visite qui ne sortît deses presses et de ses magasins.
Cependant, le croira-t-on , c’est dans l’intérêt dela liberté de la presse , c’est dans la vue de nous enassurer l’exercice qu’a été rédigé cette loi si éner-gique et si polie tout à la fois. Cela ressemble à unedérision peut-être; mais qu’on lise le discours duministre j et l’on sera bien difficile si l’on ne convientpas que c’est une vérité démontrée. La liberté de lapresse , dit Son Excellence, n’a pas de plus grandennemi qu’elle-mêrne ; elle tend à se détruire par sespropres excès: la licence, qu’elle ne manque jamaisd’engendrer, met tous les partis aux prises, et dusein des partis s’élève bientôt une faction dominante