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montrez bien indulgent envers les hommes d’église5vous les autorisez à publier, sans aucune espèce decensure préalable , des catéchismes et les livres deprières. Mais croyez-vous , Monseigneur , que cesouvrages ne puissent pas être aussi dangereux quedes ouvrages philosophiques. La religion ne sauraitêtre nuisible, sans doute; mais ses ministres enabusent quelquefois d’une manière bien cruelle.Lorsqu’ils nous annoncent, par exemple , que ,quand l’heure sera -venue , les hérésies et les schismess’enfuiront comme les ennemis et les usurpateurs dutrône français (1) , ne nous déclarent-ils pas quel’esprit de persécution dont ils furent jadis animés ,est tout prêt à se rallumer? Tous autorisez la librepublication des livres de prières : mais pensez - vousqu’un recueil de prières semblables à celles queJacques Clément adressait au ciel avant l’assassinat deHenri IH, serait un recueil fort édifiant?D’ailleurs ,que ne peut-on pas convertir en prières ou en man-demcns?
Ainsi , sous quelque rapport que l’on considèrele projet de loi destiné à établir la censure, on voitqu’il ne peut être adopté sans le plus grand danger ;premièrement, parce que la suppression de la libertéde la presse compromettraitessentiellement la libertéde la nation et celle des particuliers ; en second lien,parce qu’elle arrêterait toutes les vérités que le roi
(1) Mandement de MM. les vicaires-généraux du cha-pitre métropolitain de-Paris , du 3 juin xSi 4., pag. 10.
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