des pins grands et des meilleurs monarques qu'aiteus l’Orient. Il fut l’ami des sages , le bienfaiteur destalens et le protecteur des sciences : il fonda des aca-démies et des collèges , pour améliorer l’éducationdu peuple et encourager l’enseignement de toutes lesconnaissances utiles. Son gtand-visir, Musafir, luidit un jour : cc Votre esclave peut-il demander àvotre hautesse quel fruit elle prétend retirer de seSsoins pour éclairer son peuple?» Aaron lui répondit:« Le peuple a besoin des lumières de l’esprit, commede celles du corps, pour se conduire dans la route dela vie.—Croyez-vous, seigneur, que vous en serezmieux obéi?—Sans doute, dit le calife 5 car lepeuple sentira mieux que mes lois sont justes , et queson obéissance lui est utile.—Mais en paiera-t-il plusvolontiers les tributs?—Oui, parce qu’il jugera parlui-même que les tributs servent à défendre son reposet ses propriétés.—Mais votre indulgence n’excitera»t-elle pas vos poètes et vos savans à pénétrer dans lessecrets de votre gouvernement?—Je gouvernerai demanière à ne pas craindre les regards des habiles etla censure des sages.—O commandeur des croyans !ces sages ne pousseront-ils pas la témérité jusqu’àvous supposer des fautes? — Ils feront mieux, ilsm’avei liront de celles que j’aurais faites, et m’appren-dront a les réparer.—La liberté que vous leur don»nez de mettre au jour toutes leurs pensées, ne lesmettra-t-elle pas dans le cas de répandre beaucoupd’erreurs? — Oui , mais en même temps beaucoupde ventés. Il vaut mieux courir le risque de laisserTom. 1 e1 '. — Cahier 2. 5
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