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des rois légitimes , ils avaient pu également les dé-faire et en faire d’autres à leur volonté. Je tenaisd’autant plus à cette opinion , qu’il aurait été cruelpour moi de penser que nos pères avaient commisun crime énorme en chassant du trône l’indigne des-cendant de Charlemagne pour y placer Hugues Ca-pet, et que je ne pouvais pas me résoudre à considé-rer cet illustre monarque comme un usurpateur.
Mais depuis deux mois mes idées ont bien changé;nos écrivains, grands et petits, m’ont appris quej’étais dans l’erreur: je vois clairement aujourd’huiqu’un roi légitime est un homme qui tient les rênesdu gouvernement et qui donne des places, des pen-sions et des rubans; et qu’un usurpateur est celui qu’ona chassé du trône et qui ne peut plus rien donner. Ilest vrai que tout le monde n’attache pas le mêmesens à ces mots ; mais il faut espérer que, puisquenoséerivains et nos magistrats ont réformé lalangue,les membres de l’institut se hâteront d’en réformer levocabulaire.
Le royalistes pur. "Vous calomniez nos écrivains ,nos magistrats , et surtout notre illustre noblesse ;car vous ne pouvez pas ignorer que, s’ils ont servi lacause de l’usurpateur, s’ils lui ont prodigué des louan-ges , ils n’en desiraient pas moins , en secret, le re-tour de nos princes légitimes. D’ailleurs nos grandsécrivains, tel par exemple que M. Chateaubriand ,ne l’ont jamais loué, comme vous pouvez vous enconvaincre par son dernier écrit.
Le républicain. Ouvrez le Génie du Christianisme,