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» l’orgueil, le désir de s’enrichir sans travail, l’aver-33 sion pour la vérité, la flatterie, la trahison, la33 perfidie , l’abandon de tous ses engagemens , le3> mépris des devoirs du citoyen , la crainte de la3> vertu du prince , l’espérance de ses faiblesses , et33 plus que tout cela, le ridicule perpétuel jeté sur33 la vertu, forment, je crois, le caractère ilu plus33 grand nombre des courtisans, marqué dans tous' 33 les lieux et dans tons les temps. Or, il est' très-mal-33 aisé que la plupart des principaux d’un état soient33 gens de bien; que ceux-là soient toujours trorn-33 peurs , et ceux-ci consentent à n’ètre que dupes. 3)Voilà quelles sont les mœurs d’une nation soumiseà un gouvernement monarchique : et avec de tellesmœurs, il est impossible que le peuple ne soit pasmisérable , et que le gouvernement ne finisse paspar être renversé. On a cru, sur la foi de Montes-quieu , qu’un gouvernement pouvait être soutenupar le préjugé de chaque personne et de chaque condition .Mais qu’en est-il arrivé? C’est que les lumières ontdissipé les préjugés ; que dès-lors le trône s’est trouvésans appui ; qu’il s’est écroulé presque de lui-même ;qu’il a entraîné dans sa chute tout ce qui l’environ-nait, et que les hommes qui avaient perdu leurs pré-jugés, mais qui avaient conservé leurs mauvaisesmœurs , se sont déchires entre eux comme des bêtesféroces. Pour rétablir la monarchie, il faudrait réta-blir les préjugés , et cela est impossible ; il faut doncque nous ayons un gouvernement républicain.
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