les fortunes privées prospèrent ou dépérissentselon ï’etat des affaires publiques.
Eu Angleterre, cette sorte d’esprit publicest portée au plus liant point, parce qu’unelongue habitude a façonné les Anglais àraisonner sur leurs intérêts, de telle sortequ’ils les voient toujours confondus avecl’intérêt de la nation. En France, où le gou-vernement parlementaire est récemment éta-bli , il n’y a point encore d’esprit public ;on ne voit point encore quelle est l’unionqui existe entre la sûreté personnelle et laliberté de tons, entre la stabilité des pro-priétés et celle du gouvernement. Et cepen-dant , sans esprit public , on ne peut orga-niser une opposition ; et, sans opposition , lemécanisme de la constitution demeure im-parfait. Il faut donc trouver le moyen decréer sur-le-champ en France un esprit pu-blic qui ait assez de force pour qu’un partid'opposition s’organise.
L’esprit public n’étant autre chose qu’unehabitude de reconnaître la liaison qui existeentre son intérêt privé et l’intérêt public,s’il y a des hommes dont l’intérêt propre dan»