Tendu muet; -et il n’était pas rare de voir desmembres voler sur des matières dont ils n’a-vaient pas la moindre notion, sans qu’il leur futpermis de s’éclairer par une discussion préa-lable. Le nombre des députés avait été réduitau tiers cle ce qu’il aurait dû être, et ils nepouvaient être élus qu’à un âge où l’hommea déjà perdu la moitié de son énergie.
Cet œuvre de despotisme que l’on quali-fiait de représentation nationale n’en étaitpas même le simulacre. Pour représenter unpeuple , il faut avoir la faculté de faire con-naître ses besoins, d’exprimer ses désirs, demanifester ses volontés; il faut sur-toulavoirla faculté de se plaindre des actes oppressifs,et de demander l’abrogation des lois qui ontcessé d’êire eu harmonie avec les lumièreset avec les b esoins du peuple; or. rien deloul cela n’avait beu. Privé de l’initiative deslois, le corps législatif n’exprimait le vœu dela nation ni sur les améliorations à faire nisur les rélormes à opérer : il aurait pu, jus-qu’à un certain point, empêcher un mal nou-veau , mais il ne pouvait rien de plus. Ainsila représentation se trouvait réduite à unCenseur, tome iii. 6